Debout, les damnés....
© Nicolas Gaillard 2006
Grève Sicli, usine de St Florentin, avril 2006
Accueil < > C’est par le plus grand des hasards que j’ai rencontré les grévistes de l’usine SICLI de Saint Florentin. Une route, un panneau, un détour. Lorsque je suis arrivé, il était en grève depuis quatre jours. Les traits étaient tirés, la fatigue et l’angoisse commencaient à marquer les visages. Il m’est arrivé de faire grève, jamais d’occuper un lieu. En m’acceptant parmi eux, ils m’ont permis de connaître (très partiellement, je n’avais somme toute rien à gagner et rien à perdre) la triste monotonie des occupations où l’arrivée d’un journaliste, d’un collègue, la rencontre avec un cadre devient un évènement d’une importance capitale. Les causes de leur combat ne diffèrent pas beaucoup de celles des autres luttes. On y trouve pêle-mêle une délocalisation plus idéologique que réaliste, des salaires qui permettent difficilement de vivre et des conditions de travail qui ne cessent de se durcir. En ce sens, leurs revendications témoignent des difficultés que traversent aujourd’hui le monde ouvrier. Pour conclure ces quelques lignes, j’aimerais citer le passage d’une lettre qu’ils m’ont envoyée : « Merci encore d’avoir immortalisé ces moments, ces expressions, ces choses qui nous révèlent à nous-même que nous n’avons rien perdu de notre humanité malgré la brutalité des temps que nous vivons. » et les remercier à mon tour pour m’avoir donné une part de leur humanité.