< Accueil >Acte I Manifestation SNCF - novembre 2004
© Nicolas Gaillard 2006
Le pouvoir et la rue
Quiconque s’est opposé aux décisions politiques prises par le gouvernement Raffarin se souvient sûrement du fameux slogan « ce n’est pas la rue qui gouverne mais le parlement ». Le propos se voulait ferme, il se voulait à l’image de ce premier ministre qui espérait, en bandant ses petits muscles, faire oublier à son électorat les échecs des gouvernements précédents. Je ne m’en cache pas, j’ai fait parti de ces milliers de personnes à qui ces mots furent adressés. Mais, de réalité institutionnelle, ils devinrent pour moi, comme pour beaucoup d’autres, le symbole d’un pouvoir autiste, d’un pouvoir qui refusait d’entendre ce que lui disait « la France d’en-bas », pour reprendre le vocabulaire d’alors. Un an après cette célèbre raffarinade, mon objectif croisa par hasard les salariés de la SNCF qui arpentaient le pavé parisien. De cette masse en action naquit l’idée d’une série consacrée à cette rue soi-disant sans pouvoir. De manifestation en manifestation, elle prit une ampleur (de par la simple quantité de clichés accumulés) que je n’avais pas imaginée. Toutes les images qui la composent furent prise entre novembre 2004 et mars 2006, elle se veulent à la fois une illustration de la puissance des masses et, de par le recul du gouvernement Villepin, le témoignage de la reconquête du pouvoir de la rue.